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Sujet: District 9 Ven 8 Mai 2009 - 13:56
Vingt-huit ans plus tôt, un gigantesque vaisseau spatial est apparu en Afrique du Sud. à bord, des réfugiés malades et affamés. Depuis lors, ils vivent dans des ghettos à l'écart des Humains, avec lesquels ils entretiennent une relation houleuse. C'est dans ce contexte qu'un fonctionnaire sans envergure est chargé d'organiser le déménagement forcé d'un camp à un autre...
Réalisateur : Neill Blomkamp Producteur : Peter Jackson Scénaristes : Neill Blomkamp & Terri Tatchell Compositeur : Clinton Shorter - Nationalité : Néo-Zélandaise Titre VF : District 9 Date de sortie : 14 août 2009 Budget : 30 millions de dollars 1 H 50 Min Pas de classification par âge connue
William Allen Young - Dirk Michaels Robert Hobbs - Ross Pienaar Jason Cope - Christopher Sharlto Copley - Wikus Kenneth Nkosi - Thomas David James - Koobus Venessa Haywood - Tania
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Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...
Source Allociné
Le film en lui même est vraiment une belle bouffée d'oxygène dans le monde de la SF. Cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu un film dont le scénario n'avait rien à envier aux FX (ici magnifiques de réalismes). Personnellement c'est de loin le film de SF de l'année 2009 (et il va falloir qu'Avatar de Cameron montre autre chose que ce qu'on a vu pour espérer tenir la comparaison, même si à priori le sujet ne sera pas exactement le même) Mais le plus mémorable c'est quand même la pub virale absolument géniale qui fait la promotion du film :
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Sujet: Re: District 9 Mer 16 Sep 2009 - 23:46
Putain de di**! La vraie SF est de retour en force au cinoche, et en plus, loin de se contenter de torpiller sans le moindre mal les Transformers et autres Star Trek XI sur la question du fond (mais ça personne n'en a douté une seule seconde) , elle se paie le luxe de les battre à plate couture sur leur propre terrain, réel ou supposé, à savoir celui de l'action, du rythme, et donc du divertissement. (et là ça créer la surprise)
Je ne sais pas quelle pierre ils ont soulevé pour trouver ce fameux Neill Blomkamp (à peu près totalement inconnu au bataillon pour rappel) , mais il faut retourner voir s'il n'y a pas un nid! C'est de l'or, ce mec. Quant à Jackson, j'aime définitivement ce gars. Merci à lui d'avoir soutenu Neill pour qu'une telle réalisation soit possible. Si après les court-métarges Halo et ça, on ne leur donne pas enfin de quoi s'occuper du long-métrage Halo, c'est qu'il y a de sacrés Shep12 aux postes clé dans les majors!
Il y a tout, dans ce District 9. Des codes cinématographiques brisés (la super-soucoupe qui loupe Manhattan et la Maison Blanche... le héros qui est loin d'être beau comme un dieu et irréprochable comme une utopie sur pattes... ni happy end ni fin d'apocalypse car le film est réaliste, donc "gris" et imprévisible plutôt que "blanc" ou "noir" et prédestiné...) , des acteurs excellents pour des personnages réussis, un fond adulte et sérieux, une réalisation originale, des FX fabuleux (les visages alien sont d'un photoréalisme, vus de près... et puis cette expressivité! La relation Wikus/Cristopher, c'est quelque chose) , un rythme clair et appuyé qui bande vos muscles, de l'action digestible visuellement (loin de Transformers et Gamer) et qui, à la manière d'une War of the Worlds de Spielberg, ne laisse jamais oublier que la guerre et les armes, c'est avant tout la douleur et la mort de ceux qui y participent, à tort ou à raison, à bien ou à mal. Citons aussi une caméra qui ne se prive aucunement de montrer ce qu'il y a à montrer, même si c'est hard, mais sans en abuser gratuitement non plus.
J'écris tout ceci comme cela me sort, je sais que ça fait un peu bouillie et je m'en excuse. Mettons cela sur le compte de l'enthouasisme et d'un film à la fois fluide et dense.^^
Le background des aliens est correctement développé, et pour une fois, leur armement, c'est pas un unique flingue avec lequel il est impossible de viser, pour un fantassin balourd, sous-équipé et dépourvu de tout appui. Les "crevettes" ont une science de l'armement digne de leur science tout court, et ça se voit! Les Terriens feraient bien de prier pour que les Crevettes de la planète mère ne décident pas de débarquer ici en force!
Au rayon des invraisemblances, j'avoue ne pas comprendre pourquoi en 20 ans, les nations de la Terre n'ont toujours pas entièrement investi et démantelé l'arche déserte et inactive, afin de s'approprier les secrets de son antigravité, de sa propulsion, de son informatique, de sa métallurgie, de son hyperpropulsion... de même, je vois mal en en quel honneur le carburant d'un vaisseau spatial transformerait un Humain en alien. Autre facilité, j'accepte que tous les aliens comprennent l'anglais, mais que n'importe quel soldat pris au hasard comprenne instantanément leurs gargouillis à eux, par exemple... Mais District 9 est avant tout un film d'ambiance et de propos, pas un film à univers, donc, je pardonne (en plus, un bon scénariste pourrait répondre assez facilement à ces questions sans trop tirer de cheveux) . Cependant, si, dans une situation tout à fait hypothétique, District 9 s'agrandissait avec plusieurs films ou une série télé, c'est ce genre de détails qui ferait que j'aurais du mal à rentrer dans le bain, non pas en tant qu'ambiance mais en tant qu'univers. C'est un peu ce qui m'arrive avec Doctor Who (pas à propos de la langue, hein) .
De fait, en parlant d'ambiance... du début à la fin, on se croirait dans un reportage géopolitique de Canal +. Appartheid, Abou Ghraib, Black Water, gangs de la pauvreté et de la superstition, scandales politico-financiers et militaires... tout y passe. C'est avant tout notre monde qui est là, instantanément reconnaissable, et putain, c'est très moche. Je dirais même que c'est d'un réalisme incommodant, malsain, obscène. Car oui, depuis le temps que je gueule pour un film à propos, voilà que maintenant j'en parle à peine, me direz-vous... et bien, c'est avant tout car ce propos, bien présent effectivement, est palpable, désarmant, criant de vérité. C'est tellement "ça" que ça se passe de commentaire. Mais il est bien possible qu'en 2060, District 9 soit étudié pour ce qu'il montre sans complaisance ni acharnement, simplement avec lucidité, réalisme et honnêteté, de nos années à cheval sur deux siècles.
Je reviens une minute sur l'action fluide et rythmée, la violence maîtrisée et le réalisme/dévelloppement des FX, que j'évoquais ci-dessus. En effet, je tiens à dire que les scènes d'action se déroulent dans un décor filmé, un truc avec de vraies voitures blindées, de la vraie bouillasse, et ça se sent! Franchement, j'avais rarement vu de la guerre science-fictionnelle à ce point photoréaliste depuis que l'ère du tout numérique a déboulé avec ses gros sabots trop lisses et trop nets. La subtilité des FX, leur harmonie les uns par rapport aux autres, et leur incrustation parfaite dans un décor tangible, le tout souligné par la réalisation à la mode film engagé de grand reporter, font qu'à mes yeux, District 9 et ses 30 millions de dollars de budget défoncent sans l'ombre d'un doute le trailer d'Avatar et ses 315 millions sur la question du photoréalisme des FX. (pourtant autoproclamé révolutionnaire et tout le tralala sur Avatar) Et on reconnaît très facilement le style d'Halo Landfall, même s'il y a eu entretemps une progression fulgurante de la réalisation, sans parler des moyens qui ne sont bien sûr pas les mêmes. Blomkamp s'est déjà trouvé sa propre patte, cela ne fait aucun doute.
Je regrette un peu que la partie "reportage" du film ne fasse pas référence au côté "quotidien urbain", on ne voit pas d'alien confronté à l'un de ces fameux panneaux d'interdiction à l'entrée d'un centre commercial, par exemple. Et pourquoi la scène de l'interrogatoire est absente du film, de la version cinéma, du moins? S'ils font un effort pour le DVD (court-métrage original, clips marketing intra-univers au contenu inédit...) , ça va être une tuerie!
Citation:
Personnellement c'est de loin le film de SF de l'année 2009
Non, c'est le film de SF des deux-trois dernières années au minimum, et il figure sans soucis dans un top 3 ou 5 de la SF cinématographique de la décennie.^^ Et ceux qui se souviennent de mes guerres virtuelles sur Fusion contre ceux qui mettent systématiquement entre 17 et 21 sur 20 au premier SF-blockbuster crétin venu (si bien qu'il était de notoriété publique que "je n'aime jamais aucun film de SF") , savent quel poids ont ces mots quand ils viennent de ma bouche... Le temps de glisser que selon moi, on a des chances de tenir là un futur vrai film culte, un Blade Runner des années 2010, et voilà, ceci me tiendra lieu de conclusion béate.^^
PS : maintenant, oui, j'espère une suite. Pour savoir si Christopher reviendra, pour savoir si le nouveau Wikus va s'en sortir, pour voir ce monde davantage développé, et aussi parce qu'après que Blomkamp ait brillamment dressé le portrait d'une situation donnée, j'aimerais bien connaître les réponses qu'il suggère, à titre personnel, d'y appliquer.
c'est le film de SF des deux-trois dernières années au minimum, et il figure sans soucis dans un top 3 ou 5 de la SF cinématographique de la décennie
Pas mieux.
Et bien, après avoir attendu tout l'été pour voir ce film, je dois dire que ma patience a été récompensé au delà de toutes mes espérance.
En premier lieu, la forme est magnifique. La réalisation en prenant ce parti pris du docu-fiction est très bien pensée. Les décors sont d'une grande qualité et nous immerge parfaitement dans ce bidonville plus que sordide. Mais ce que je préfère avant tout c'est l'esthétisme de ces "Crevettes". Même si ce n'est pas le concept le plus original et fait un peu "humanoïde retravaillé", il y a un petit quelque chose qui les rend crédibles.
Le plus important maintenant, le fond. Le scénario est rondement mené et on ne s'ennuie pas une seule seconde (je l'ai même trouvé un peu trop court^^). Le thème de la transformation et de la quête de cet ADN alien par la MNU est également vraiment prenante. Wikus van der Merwe est l'antihéros parfait et même parfaitement détestable au début. On(je?) ne rêve que de le voir se faire violemment trucider par un des aliens au début (on sait que cela ne changera pas le système en place, mais en tant qu'incarnation de cette abomination, ça soulagerait). Il arrive cependant à attirer la sympathie une fois qu'il commence sa transformation. Bon, il s'agit plutôt de pitié pour ce qu'il endure et la façon dont il est traité mais quand même. On finit finalement par oublier ce petit employé totalement conditionné à détester ces aliens (il a dans la trentaine et connait donc l'existence des aliens depuis son plus jeune age et a donc certainement été élevé à la propagande MNU) expliquant en partie son côté "grand sourire en partant les expulser vers un camps de concentration". Donc définitivement, Wikus van der Merweest est un héros intéressant, originale est parfaitement interprété.
Il faut également remarquer que, et chose rare dans ce genre de film, le "héros" n'en est vraiment pas un. IL ne sauvera pas la race humaine ni la planète, il ne fera pas tomber la MNU pour ses agissements. Il demeure pendant une grande partie du film un trouillard uniquement animé par son désir de survivre et ne surtout pas ce transformer en une crevette car il ne se départira vraiment jamais de son rejets pour cette race. Sa réaction est bien sur assez normal et extrêmement crédible pour ce genre de personnage et cela change de ces héros à l'altruisme dégoulinant et au sourire parfait. Donc rien que pour tout ça, je rejoins parfaitement Ketheriel, ce film est une bouffée d'air frais. Bon certes, cela change un peu vers la fin. Cette évolution est cependant lente et la sorte d'amitié qu'il lie avec Christopher, ou plutôt une relative confiance réciproque, s'explique largement par la prise de conscience qu'il a sur ses propres actes et ceux de la MNU (qui je le rappelle sont particulièrement atroces).
En ce qui concerne la Mnu, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle se situe au niveau d'Umbrella Corporation. Cependant, au contraire de celle ci, on sait au moins qu'elle dispose d'un accord, ou tout du moins d'un laisser faire, tacite de la part des gouvernements mondiaux. Cela fait un peu : "on mets sous le tapis ce que l'on ne veut pas voir" et rappelle asez facilement ce qu'il peut se passer IRL. L'impact de ces atrocités sont quand même un peu moindre de par ce fait. Les gouvernements pourront toujours se cacher derrière cela pour justifier de leur non intervention ou de leur non connaissance des expériences du niveau -4. Cependant cette exaltation de la cupidité des hommes, ce "la fin justifie les moyens" est assez dérangeante de par sa pertinence. Des qu'il y a souffrance, misère et haine, c'est bizarre, mais il y a toujours un marché potentiel. Les nigérians incarnent cela parfaitement et même si il ne sont pas beaucoup plus enviables que leurs victimes, il y aura toujours des vautours pour profiter de ces états de faits.
La redéfinition assez élastique du racisme est également intéressante à voir. On le voit pendant un des reportages où un des sud-africains avouent que finalement il préfère les autres humains de tout bords, la seule chose qu'il demande c'est le départ des aliens. Tant qu'il y a quelque chose de plus différents, on oublie les racisme d'avant. Mais est-ce que cela est passager et dès qu'il n'y aura plus d'aliens, les racismes classique s recommenceront, ou est ce que l'Humanité retiendra la leçon? Question intéressante.
La race alien est également sympathique et on s'y attache. On voit qu'ils sont extrêmement intelligent (bon c'est sur puisqu'il ont construit ce vaisseaux). Ce ne sont en outre pas les "barbares" présentés dans les petits documents de la promo (et oui mon gars, ils les aiment leurs enfants). D'ailleurs le fiston de christopher est très mignon (et également très intelligent). On regrette cependant de ne pas en apprendre beaucoup plus sur leur exode, leur culture et le pourquoi de leur relative apathie face à ce qu'ils subissent.
Bon il y a quelques point noir ou zone d'ombre. Leur armement est un peu sur-réaliste (et encore un mécha) et je ne comprends comment le liquide noir peut à la fois être un carburant et un virus entrainant des mutations.
Cela dit on les oublie vite face à ce grand spectacle. La fin est également inattendue et surprenante et parachève tout cela. On est pas encore au niveau d'un chef d'oeuvre, mais il en est vraiment pas loin.
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Sujet: Re: District 9 Sam 19 Sep 2009 - 23:28
A-Otch. Violent. Très violent, à plus d'un point de vue.
Violent dans les faits, de la manière la plus crue qui soit, avec des exécutions sommaires, des laboratoires cauchemardesques, des armes qui causent de véritables boucheries, des aliens au mode de vie déroutant, des affrontements violents et sans concession, des mutations sévères montrées de manière très médicale, des héros qui se comportent comme de véritables fils de tralk. Et violent dans le propos, à la fois choquant et obcène : "Voila, ça, c'est nous." Et le pire dans tout ça, le meilleur, le plus habile et générateur d'amertume... C'est qu'il n'en dira rien. Pas une seule fois, dans tout ce fichu film, nous n'auront droit à une tirade poignante, à un regard lourd de sens, à une musique évocatrice, à un ralentit parlant. Pas une seule fois, le film ne suggèrera le moindre message moraliste. On nous montre tout cela, sans chef de société secrète ténébreux, sans que cet acharnement amoral décomplexé ne soit pointé du doigt, décrit comme autre chose que l'environnement logique auquel nous aurions dû nous attendre. Et il faut bien l'avouer... aucune invraisemblance là-dedans, aucune facilité, aucun cliché. Comme l'a dit Mat, c'est juste "ça". Les politiques qui se détournent des affamés et des persécutés, c'est ça. Les sans-défenses qui finissent exploités et broyés par la machine financière, dans l'indifférence générale, c'est ça. Ici, pas de conspiration du secret, pas de révélation finale à la population qui fera tomber l'empire du mal. Les caméras suivent les évènements en permanence, et les quelques intervenants qui critiquent la gestion du District 9 n'en rendent la chose que plus triste, car c'est un schéma terriblement familier. Parce que les gens qui regardent les infos pendant le diner s'en fichent, tout comme ils se fichent des dictatures, des génocides, des famines. Alors pour des créatures au faciès de crustacé, sans chef ni avenir...
Bien, tâchons d'entrer dans les détails...
Le personnage de Vykus Van der Merwe est profondément pathétique, de la façon la plus agaçante qui soit tout d'abord. Il y a vraiment quelque chose de pitoyable dans l'image de ce petit gars ringard et mal habillé qui est un peu trop enthousiaste à l'idée de passer à la télé, signe que c'est bien au-delà de toutes ses ambitions. Mec ! Ton boulot, c'est de cramer les fœtus des aliens, de les berner pour les faire agir contre leur intérêt et de les regarder se faire flinguer sommairement ! Alors arrête de sourire !
Et puis, peu à peu, cette image évolue. De petit fonctionnaire mesquin méprisable, Vikus devient un enfoiré pur jus, égoïste et sans classe. On ne peut guère lui reconnaitre qu'une chose : il a les tripes d'agir lorsque sa situation devient insoutenable, chose qui n'est pas si évidente.
Il y a vraiment un contraste saisissant entre la merveille de technologie meurtrière que sont les armes et mécas aliens, et le comportement de soulard simplet et agressif que présentent pas mal de membres de la population du District 9. En effet, ce n'est pas parce que ces êtres sont plus avancés scientifiquement qu'ils sont plus malins que nous (je ne dis pas qu'ici c'est le contraire, simplement, l'amalgame niveau technologie/érudition intellectuelle de l'usager est tentant). Ce n'est pas non plus pour cela qu'il n'auront pas leur classe ouvrière. Il aurait en fait peut-être suffit d'un seul membre rompu aux relations diplomatiques - et peut-être un ou deux scientifiques - à bord du vaisseau pour que le destin des crevettes soit tout autre. Non pas que cela aurait pu inciter le MNU a de meilleurs sentiments, mais en se structurant, les crevettes auraient pu accumuler davantage d'influence, surtout considérant leur supériorité militaire et ce qu'ils ont à marchander.
La réalisation est vraiment formidable, dynamique et variée, bien équilibrée, criante de vérité. Il y a une sorte de virtuosité dans l'absence apparente de mise en scène de certains plans.
Le passage dans le niveau -4 est sans doute le pire de tous. a ce stade, j'en voulais presque au réalisateur... Je lui en voulais, parce que tout ceci était affreusement crédible. Tous ces êtres écorchés, découpés, testés, traités comme... et bien, comme nous traitons nos animaux de laboratoire, en fait. A ce stade, on ne peut que s'agripper à Vykus, et prier de tout coeur pour qu'il survive... Non pas parce qu'il est sympathique, non pas parce qu'il le mérite, mais tout simplement parce que ce qui lui arrive est trop cauchemardesque.
Je ne sais pas si c'est volontaire, ou si cela ne rend ainsi qu'en français, mais à la lecture de certains résumés j'avais parfois eut l'impression que des deux, Vikus était l'alien, et Christopher l'humain.
Sinon, dites-moi... Est-ce que c'est une impression, ou bien ce méca est vraiment efficace ? Je veux dire, il est rapide, maniable, résistant, multitâche, lourdement armé, et des armes pour le moins efficaces... Il peut courir, bondir, ramper, saisir des choses... J'ai l'impression que c'est la première machine du genre que je voie dont l'existence est justifiée. Un genre de fantassin, mais en plus redoutable sur tous les points... Dans le même registre, les armes aliens m'ont initialement déçu, de par leur apparence : je les trouvais trop... je ne sais pas, elles semblaient balourdes, sans grâce. Mais c'est uniquement parce qu'elles ont été pensées comme un armement très étranger, et dont avant tout pratique, et non comme des œuvres d'art. Une fois ce choc culturel passé, j'en suis très rapidement devenu fan. Car ceux qui les emploient ne peuvent pas dire à leurs enfants "c'est juste pour se défendre"... Ce sont des armes qui tuent à tous les coups.
Au niveau de mes regrets, il y a effectivement le manque de scènes mettant en contact humains normaux et crevettes. Il n'y a guère que les militaires et les scientifiques qui soient confrontés à eux, et leurs réactions ne sont peut-être pas les plus représentatives de l'opinion publique - qui est mauvaise, sans doute, mais peut-être d'une manière différente... Quoique, maintenant que j'y pense, il y a bien eu les scènes d'émeutes du début. Et ensuite, il y a comme l'a fait remarquer Mat Vador l'incohérence que représente ce vaisseau alien, abandonné dans les airs sans que quiconque ne s'y intéresse, alors qu'il semble fourmiller de technologies intéressantes. J'aurais également bien aimé en savoir un peu plus sur la raison d'être de ces réfugiés. Nous entendons des théories à propos d'une épidémie, mais comment se fait-il que l'on en sache pas plus ? Les aliens eux-mêmes devaient bien connaitre la raison de leur présence sur ce vaisseau, non ?
Bref, ce District 9 est pour moi une vraie petite merveille, intelligent, habile et nerveux. Une vraie claque, à ne pas mettre devant les yeux de n'importe qui peut-être... Parce que le sang, les morts, les démembrements, on y est désormais habitué. Mais la vérité, ça pourrait être brutal...
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Dernière édition par Skay-39 le Dim 20 Sep 2009 - 23:13, édité 1 fois
Et bien me voilà aussi, tout baigné de jus de crevette.
Et bien mon sentiment c'est une sorte de tendresse pour ce film. Il ne m'a pas laissé sous le choc, haletant ou quoi que ce soit. Il ne me marquera sans doute pas tant que ça -quoique. Mais merde on a envie de l'aimer. Parce que c'est de la SF qui met les pieds dans le plat et sait s'amuser à la fois, et que c'est bien rare de nos jours.
Bon inutile d'énumérer ce qui est bien ça a été amplement dit, le personnage central est juste génial dans ses aspects crédibles, cet aspect un peu bête et méchant et surtout très lâche... Mais il saura tourner sa veste, un peu à l'arrache mais quand même. L'autre "star" c'est bébé crevette, un personnage qu'on penserait mineur au début mais pour qui au final on se fait le plus de soucis. Je pense que c'est son attitude tellement moins indolente que les autres ET qui joue beaucoup.
Côté visuel, rien à dire, tout est super bien intégré, j'avoue en avoir été surpris. Les images d'avatar aperçues dans une BA juste avant sonnaient bien faux de ce point de vue, même si je ne néglige pas l'influence du sujet (la crasse, on sait bien la rendre, mine de rien)
Alors quand je dis que le film sait "s'amuser" je parle de ces aspects potaches : répliques débiles de bureaucrates dans des moments inopportuns, petites scènes crades, armes aliens aux effets... très visuels. Plus quand même de longues longues scènes de fusillades et l'intervient d'un engin musclé. Le ton est donné : le sujet est grave mais on ne va pas être lourds. Par contre si j'ai trouvé ça amusant je suppose que ça peut constituer une barrière pour d'autres publics.
Mes deux seuls regrets, tiennent finalement au parti pris : les Aliens sont vraiment inactifs et on comprend mal la raison d'agir de ceux rencontré par le héros, ou plutôt leur timing et donc le commencement de ce bordel... d'autant que les Aliens et les hommes savent parler entre eux ! Et l'autre finalement au portrait quasiment qu'à charge envers nous-même... auquel certains adhèrent sans sourciller mais quand même un peu simpliste.
Quand à la fin ouverte, je ne lui reproche pas... les auteurs se réservent le droit de ne pas imposer leur conclusion, ce qui revient comme Mat l'a dit à ne pas expliciter de jugement. Comme je pratique ce genre de choses moi-même, je ne peux qu'approuver. Donc, voilà j'ai une grande tendresse pour les crevettes
les Aliens sont vraiment inactifs et on comprend mal la raison d'agir de ceux rencontré par le héros
Les aliens ici ne sont qu'un simple reflet des grands camps de réfugiés africains (ou d'autres d'ailleurs). Ce parti pris que tu évoques n'est en définitive qu'un mirroir de ce qui existe encore à l'heure actuelle.
Citation:
Et l'autre finalement au portrait quasiment qu'à charge envers nous-même... auquel certains adhèrent sans sourciller mais quand même un peu simpliste.
Pas si simpliste puisque l'auteur ne fait que transposer en alien ce que notre histoire (le XX eme siècle suffit) montre de l'humanité. Il y a réellement des transpositions carrément réalistes (il suffit de remplacer aliens par un type d'humain) comme par exemple le coup de la bouffe pour chat ou le coup du MNU qui est simplement la mise d'un nom sur des organisations qui ont réellement existé sous d'autres formes. C'est là le pire, ce film montre sous couvert de SF en à peine un condensé ce que l'homme a osé faire à ses propres congénères...et c'est ça le plus dérangeant. Et en plus là on pourrait avancer que sur ce point, le film est assez soft.
J'ai effectivement reconnu le parallèle. Ce qui n'empêche pas qu'il s'agisse d'un parti pris, tant la présence d'extraterrestre aurait pu susciter tant d'autres réactions (très possiblement contradictoires) de notre part.
Pour enfoncer le clou, puisque la communication est établie on aurait pu imaginer davantage de crevettes intégrées de ci de là, ne serait-ce que dans d'autres institutions plus recommandables que la MNU. Idem, les gangs, ayant à disposition des Alien assez bêbêtes avec des grosses armes n'ont bien entendu cherché à amasser ces dernières sans les utiliser au lieu disons d'intégrer quelques crevettes. De même, le gros vaisseau qui devrait grouiller de scientifiques est laissé à l'abandon depuis l'exode.
Du coup le postulat de départ est vraiment orienté sur l'aspect "problème" humanitaire, c'est aussi l'originalité du film et je ne lui reproche pas. Mais il illustre quelque part aussi volontairement le concept de gabégie : tout le monde agit vraiment de manière stupide et/ou cruelle : gangers, le héros lorsqu'il décide de partir seul avec le gamin, la MNU, bien entendu. Et généralement l'attitude humaine qui évoque un gros gâchis.
J'ai effectivement reconnu le parallèle. Ce qui n'empêche pas qu'il s'agisse d'un parti pris, tant la présence d'extraterrestre aurait pu susciter tant d'autres réactions (très possiblement contradictoires) de notre part.
Pour enfoncer le clou, puisque la communication est établie on aurait pu imaginer davantage de crevettes intégrées de ci de là, ne serait-ce que dans d'autres institutions plus recommandables que la MNU. Idem, les gangs, ayant à disposition des Alien assez bêbêtes avec des grosses armes n'ont bien entendu cherché à amasser ces dernières sans les utiliser au lieu disons d'intégrer quelques crevettes. De même, le gros vaisseau qui devrait grouiller de scientifiques est laissé à l'abandon depuis l'exode.
Du coup le postulat de départ est vraiment orienté sur l'aspect "problème" humanitaire, c'est aussi l'originalité du film et je ne lui reproche pas. Mais il illustre quelque part aussi volontairement le concept de gabégie : tout le monde agit vraiment de manière stupide et/ou cruelle : gangers, le héros lorsqu'il décide de partir seul avec le gamin, la MNU, bien entendu. Et généralement l'attitude humaine qui évoque un gros gâchis.
Sauf que là tu fais un peu ta fanfiction en explicitant les supposés possibilités qu'auraient pu avoir la présence Alien...Malheureusement ça rendrait le film clairement moins vraisemblable voir pas du tout. Quand je dis que c'est une transposition c'est que l'auteur a pris notre histoire purement humaine et a apposé à la place d'un groupe humain, les aliens en y intégrant la notion élargie d'appartenance graduée. Il n'a pas fait de psychologie de comptoir sur les possibles réactions fantasmées de l'humanité mais a pris tel quel ce qui a existé et existe toujours malheureusement. Le postulat du film c'est simplement de montrer l'humanité pour ce qu'elle est réellement en s'appuyant sur des faits existant et non pas la version fantasmée de celle-ci avec la version "occidentalisante" bien rose bonbon avec une toute petite pointe de gris où l'on nous dépeint les hommes tirant plus vers le "blanc gris" que le "gris-noir". Si l'auteur avait voulu s'appuyer sur autre chose que la réalité, nous ne serions plus du tout avec le même film bien ancré dans le réel mais dans une toute autre oeuvre dont le sujet aurait été totalement différent.
Il y a quantités d'actes innommables commis un peu partout, l'Afrique n'en manque guère. C'est une réalité. On trouve des exploiteurs, des marchands de misères, des tueurs prêt à tout pour un avantage parfois dérisoire. Le film souhaite montrer cette réalité là - avec au passage un clin d'oeil très appuyé aux pratiques crédules de quantités d'Africains. Je dis juste qu'il ne montre que ce versant, en signalant brièvement en arrière plan les initiatives tout aussi crédibles de militants (manifestations, et révélations des manoeuvres par le collègue du héros)
Reste que le "désintérêt" pour le sujet m'a semblé frappant. Puisque la moindre météorite est disséquée longuement pour débattre des roches martiennes, que des ethnologues étudient inlassablement divers peuplades menacées, le relatif "abandon" de cet espace est étrange. Qu'on parle d'une population parquée, maltraitée, exploitée mais aussi finalement pas si fréquentable, soit, ça s'est vu et ça risque de se voir encore. Quand elle a une technologie monstrueuse et par sa nature même constitue le "graal" d'une bonne partie de la science, c'est étrange de ne voir que le premier volet. Et je ne vois pas ce que ça à voir avec ma vision gris blanc de la vie. Quand on parle d'aujourd'hui on parle d'un monde où sauver les apparences a quand même pris une grande grande importance.
Je ne reproche pas au film de dépeindre les choses comme il le fait, je signale que c'est le parti pris des auteurs, j'ai même dit que c'était aussi une de ses forces. Si maintenant on me demande d'applaudir dès qu'on fait un portrait de nous au vitriol, je préfère avoir ma propre opinion sur ce sujet.
Si maintenant on me demande d'applaudir dès qu'on fait un portrait de nous au vitriol, je préfère avoir ma propre opinion sur ce sujet.
Qui te demande ça ? Personne jusqu'à preuve du contraire. De plus le simple terme vitriol ici est totalement hors de propos puisque ce film n'est qu'une transposition...depuis quand dépeindre la réalité existante est faire un portrait au vitriol ? Ici nous ne sommes pas dans l'exagération justement.
Citation:
Reste que le "désintérêt" pour le sujet m'a semblé frappant. Puisque la moindre météorite est disséquée longuement pour débattre des roches martiennes, que des ethnologues étudient inlassablement divers peuplades menacées, le relatif "abandon" de cet espace est étrange
Etrange seulement si le spectateur oublie que le film se passe quasi 30 ans après l'arrivée alien. Et tu confirmes que tu as une vision un peu édulcoré de l'humanité (c'est bien, c'est ce qui fait qu'il y a un peu d'espoir dans ce monde^^). Les ethnologues et assimilés ne sont qu'une poignée. Si on totalise 50 000 chercheurs dans le monde sur ce type de sujet c'est un miracle. De même que les défenseurs des causes de groupes ethniques sont très peu nombreux dans les faits (et tout cela passe à la trappe dès que les instances politiques haussent un peu le ton pour des soi disant intérêts supérieurs). Là tu trouves frappant qu'un phénomène hyper-marginal passe inaperçu ou presque dans le film (pas totalement inaperçu vu les pubs virales et les clips de manifestations pro non-humains)... De même l'exemple des roches martiennes est à remettre en perspective, celles-ci sont très récentes mais entends-tu parler des roches lunaires ? Non (1 article ou 2 en 10 ans dans des revues spécialisées c'est tout). Tant qu'une chose est inhabituelle et récente, tu peux arguer que l'intérêt pour celle-ci la mettra sur le devant de la scène. Mais là on parle d'individus qui sont devenus des réfugiés comme les autres. Ils font partis du décor. Après 28 ans, cela est devenu truc commun, d'ailleurs une génération entière a toujours connu ces aliens comme faisant partis du monde. Ce ne sont pas des peuplades au fin fond de la jungle amazonienne totalement coupé du reste du monde mais des individus qui vivent aux portes d'une grande métropole dans un camp. D'ailleurs ce passage est très bien montré, on passe de l'engouement de l'humanité pour ces aliens à leur arrivée (et même avec des principes officiels de l'humanisme) à un total ou presque désintérêt de la majorité presque 30 ans plus tard où ces aliens ne sont plus que l'équivalent d'une communauté de réfugiés.
Citation:
Quand elle a une technologie monstrueuse et par sa nature même constitue le "graal" d'une bonne partie de la science, c'est étrange de ne voir que le premier volet.
Cela fait presque 30 ans qu'ils étudient cette technologie. La période de l'impression du "graal" est dépassée depuis longtemps. Les humains en 30 ans se sont montrés incapables de reproduire celle-ci, ce qui est logique d'ailleurs et ce n'est pas en collaborant avec les aliens qu'ils réussiront à la reproduire. (tout est une question de technologies des infrastructures que le monde ne possèdera que dans bien longtemps et c'est d'ailleurs pour cela que le héros n'est pas "soignable" directement sur Terre).
EDIT:
Citation:
Il s'agit de 20 ans., si je me souviens bien de ce qui est dit dans le film.
Le Trailer officiel du film dit : "They came here 28 years ago" (sur le site officiel d-9.com)
Dernière édition par ketheriel le Dim 20 Sep 2009 - 14:56, édité 2 fois
Il s'agit de 20 ans., si je me souviens bien de ce qui est dit dans le film. (EDIT, 28 il semble)
Alors certes on n'est plus dans l'actualité. S'il s'agissait d'une crise humanitaire, ça me semblerait même tout à fait plausible. Sauf que d'un point de vue sociologique, scientifique et sans doute politique l'évènement est potentiellement d'un autre ordre de magnitude... : quelques points
Entre étudier de petits fragments de roches et un vaisseau extraterrestre entier il y a une marge. 20 ans n'y suffiraient pas... Ce sont sans doute des réfugiés, sans doute "décevants". Mais qu'aucun groupe non hostile ne soit en contacta avec eux, il y a une marge. C'est davantage qu'une pure histoire de spécialiste "ethnologue" Enfin, ces êtres ont un armement disproportionné. Que des théories sur leur inaction soient posées, certes, le fait qu'une éventuelle vengeance ne soit évoquée que sur la fin est tout de même une attitude vraiment imprudente.
Finalement le film montre une mainmise presque totale d'un organisme obscur, et l'absence de soutien total de la communauté au dessus. Une strate bureaucratique est certes présentées mais dès le coup d'envoi, le dessous des cartes est révélé. Ce n'était pas forcément nécessaire, et des interlocuteur plus légalistes quoi que probablement impuissants auraient pu être montrés. Donc finalement, on traite les réactions à un évènement extraordinaire comme une "crise" historique. Tu peux considérer que c'est donc très réaliste, voire la réalité -sic- il reste que c'est un choix narratif : les séquences du début sous forme de reportage visent cet objectif, avec un ensemble de séquences servant à montrer la banalité du sujet. Je considère à titre personnel que c'est un choix. Rarement présenté, et potentiellement "réjouissant" à voir abordé, évidemment.
Dernière édition par Phenix Noir le Lun 21 Sep 2009 - 14:34, édité 1 fois